Incroyable végétal #4 l’arbre de vie du Bahreïn

Notre série Incroyable végétal nous entraîne encore une fois bien loin de nos contrées européennes. Pour ce 4e numéro, partons à la recherche d’un arbre unique en son genre, dont la longévité fait couler l’encre, enflamme les imaginations et crée de sensationnels débats scientifiques : quel est cet arbre de vie du Bahreïn, Shajarat al-ayat?

Arbre de vie du Bahreïn : histoire d’une survie extraordinaire

Le Royaume du Bahreïn est l’un de plus petits pays arabes, voisin inconnu du Qatar, du Koweït et des Émirats arabes unis. C’est un archipel constitué de deux îles principales et d’une multitude de petits îlots.

Le Bahreïn possède entre autre un précieux cadeau de la Nature : de l’eau douce sous la forme de réservoirs souterrains. L’eau remonte à la surface par des failles dans la roche. Le mot al-Barayn, en arabe, signifie par ailleurs les deux mers.

Entre mythe et réalité, le royaume de Bahreïn, autrefois appelé Dilmoun, est une contrée mythique protégée par Enki, la divinité sumérienne des abysses. Cette idée de paradis terrestre est profondément ancrée dans l’imaginaire des habitants du Bahreïn. L’arbre serait donc associé à Enki, au royaume de Dilmoun et au jardin d’Eden.

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L’arbre de vie du Bahreïn est Prosopis juliflora, espèce endémique des amériques et non du Moyen-Orient

C’est pourquoi l’arbre de vie est si important : isolé sur une dune de sable, cet arbre d’une dizaine de mètres de hauteur pousse au milieu du désert depuis près de 430 années. Une analyse dendrochronologique a été effectuée en 1986. Les résultats permettent de situer la plantation de l’arbre vers 1583, durant la phase islamique moyenne. Voilà qui met fin à toutes spéculations romantiques à propos de la longévité l’arbre de vie du Bahreïn…

Carte d’identité : arbre de vie du Bahreïn

L’arbre de vie du Bahreïn est une énigme botanique. En effet, cette espèce d’arbre n’est pas endémique du Moyen-Orient. Il est très probable qu’il ait été apporté durant les grands mouvements exploratoires portugais, durant le 16e siècle.

Les botanistes l’identifient comme un Prosopis juliflora, une espèce d’origine américaine, alors que l’espèce endémique est le Prosopis cineraria. Ces deux espèces d’arbre se caractérisent par leur exceptionnelle résistance et adaptation aux conditions difficiles liées aux régions désertiques.

Les feuilles de l’arbre de vie du Bahreïn sont extrêmement petites, ce qui lui permet de limiter l’évaporation de l’eau. Son réseau racinaire est long et s’enfonce profondément dans le sol, ce qui permet à l’arbre d’aller puiser des ressources insoupçonnées (pour nous) comme l’eau de nappes phréatiques que les scientifiques n’ont pas encore localisées avec précision. Les racines peuvent atteindre les 30 mètres de profondeur ! 1024px-Starr_080530-4656_Prosopis_juliflora

Tous ces éléments, même considérés dans leur ensemble, ne permettent cependant pas de clairement expliquer la longévité de cet arbre quasiment légendaire. L’arbre de vie du Bahreïn reste encore et toujours un arbre de légende, source de vie et peut être bien location du paradis terrestre?

20 décembre 2017

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